Que vouliez-vous faire lorsque vous étiez encore des enfants ? Que vouliez-vous faire de vos vies ? Que vouliez-vous faire avant de savoir tout ce que vous savez aujourd'hui ?
Pensez-vous en être toujours capables ? Est-ce que le monde a changé ou est-ce que c'est vous qui avez abandonné l'idéal de le faire à sa place ? Pensez-vous pouvoir réaliser vos rêves ?
Est-ce que vous rêvez toujours ? Qu'est-ce qui vous fait penser que vous n'êtes plus des enfants ? Les responsabilités ? La souffrance ? Le mal-être ? Les autres ?
A quel moment on a t'on commencé à regarder autour de nous ... La rupture se situe à cet instant. Notre monde change lorsque notre regard nous porte plus loin, lorsque notre univers s'élargit, lorsqu'on devient conscients, conscients des choses. Nous sommes sensibles, nous sommes touchés, nous sommes blessés, nous sommes déçus, nous sommes tristes, nous perdons espoir, et parce que la vie continue encore et toujours, nous retrouvons l'espoir, nous recommencons à vivre, et parce que nous sommes humains nous n'oublions jamais, et parce que nous sommes cons nous n'oublions que ce qui est beau. Après la rupture, nous voulons être insensibles. Nous nous rendons insensibles et imperméables. Nous voulons que la vie glisse sur nous sans nous atteindre, nous pensons que nous sommes au dessus de notre propre existence et que nous pouvons générer les sentiments que l'on veut, et que l'on peut gérer tout ce qui se passe. Nous voulons être inconscients. Nous voulons être un autre. Porter un masque. Se cacher. Nous voulons nous oublier. Nous laisser là. Recommencer.
Beaucoup de gens disent qu'ils recommencent alors qu'ils ne font que continuer, on ne peut pas être conscients qu'à moitié, vouloir oublier est une expression absurde en elle-même si on y réfléchit, toute motivation a pour cause la connaissance. On n'évolue qu'en se souvenant, on ne peut pas oublier ce qui nous a touché, on ne peut pas choisir d'être quelqu'un d'autre si on oublie qui nous étions, nous prendrions alors le risque de redevenir nous-mêmes. Mais qui étions-nous ? Sommes-nous seulement capables de répondre à cette simple mais cruciale question ? Etait-on déjà devenu quelqu'un ou avons-nous eu peur de nous-mêmes, de grandir, de devenir quelque chose qu'on ne pourrait plus changer aussi simplement que des rêves d'enfants... Je me suis très souvent perdue à ce propos, il m'arrive toujours de l'être mais j'en suis lasse. Je crois que c'est une forme de réponse au fond, je ne sais pas qui j'étais, je sais seulement qu'aujourd'hui je le regrette et que je peine à le redevenir parce que je ne sais plus comment on fait pour vivre comme je le faisais. Je n'en étais même pas consciente à l'époque, et maintenant je donnerais tout pour ma conscience, pour ne pas là perdre, pour ne pas perdre mes convictions parce qu'elles sont ce que je suis, elles sont mes doutes constants, elles sont ma machine intérieure, elles sont ce qui m'a longtemps fait me mouvoir. Maintenant je n'ai plus de regard fixe, je bouge en même temps que mon âme elle-même portée par quelque chose de fort et d'intense, quelque chose de vrai, je ne suis plus sans cesse stoppée par mes doutes, mes peurs, mes envies soudaines, mes pulsions, mes arrêts sur image poignants ou dégueulasses... ma place est à l'endroit où je me trouve, je prends le temps d'écouter et d'apprendre pour définir. Est-ce que c'est mieux, ou pas... je ne sais pas. Je me sens bien c'est tout. Pour le reste, je ne crois pas au bonheur mais en la philosophie alors je n'ai rien à perdre de moi-même.
"Se retrouver, après chaque déviation, toujours sur le tronc central, permet de s'orienter et empêche la légère anxieté qu'un parcours labyrintique provoque en gênant la réflexion."